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Quelques nouvelles

Je n’ai pas été très actif ces derniers temps, mais soyez rassuré.e.s : je suis en train de mettre un point final à mon manuscrit de thèse, ceci explique donc cela.

Quand tout se sera calmé, je publierai un article où je reviendrai sur cette expérience de doctorat, qui a été la pire période de toute ma vie. Ce futur article expliquera pourquoi.

À bientôt !

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Pourquoi nous surestimons le bilan humain des accidents nucléaires

Le hasard faisant bien les choses, je viens de voir passer ce tweet de Léo Grasset dans ma timeline :

Son tweet fait écho à mon article d’hier où je rapportait un résultat scientifique démontrant que le recours à l’énergie nucléaire a sans doute sauvé 1.8 millions de vies.

Les centrales nucléaires sauvent des vies

L’article partagé par Léo s’intéresse plutôt au nombre de morts causés par les désastres nucléaires. Ils sont en fait étonnamment faibles, aussi bien pour Tchernobyl que pour Fukushima. Pour cette dernière, c’est d’ailleurs l’évacuation de la zone autour de la centrale qui a causé de nombreux morts : environ 2000, le plus souvent des personnes âgées emportées par le stress causé par l’évacuation. Dans l’article, certains experts disent qu’une grande partie de l’évacuation était en fait inutile eut égard au niveau réel de risques pour la santé.

Ce qui m’interroge, en tant qu’économiste, ce sont deux choses. La première concerne l’évaluation du coût d’un accident nucléaire : et si une grande partie de ces coûts étaient causés par une sorte de « panique » infondée autour de l’accident, plutôt que par l’accident lui-même ? On peut imaginer que l’État japonais se soit par exemple lancé dans une grande opération de nettoyage uniquement parce qu’il avait préalablement fait évacuer une zone trop grande, et qu’il serait politiquement impossible pour lui de dire aux populations qu’elles peuvent revenir sans avoir « fait quelque chose »1C’est un peu le même mécanisme lorsque certains patients estiment que le docteur a mal fait son travail s’il ne prescrit pas au moins un médicament : même si la maladie allait de toute façon se soigner seule, cette « demande », sans doute intériorisée par un grand nombre de médecins, conduit à prescrire trop de médicaments comparativement à ce qui est réellement nécessaire d’un point de vue strictement médical.. Ces coûts ne sont alors pas dûs à l’accident à proprement parler.

Le second point qui m’interroge est le mécanisme par lequel une mauvaise information (ici, le niveau réel de dégâts en termes de santé causés par un accident nucléaire) se propage dans la population. Pendant longtemps, les économistes ont supposé (parce que c’était commode mathématiquement) des individus parfaitement informés et sans biais cognitifs dans leurs modèles. Il n’est pas évident que les économistes aient tous crû de manière aveugle et naïve à ces modèles2C’est souvent un argument invoqué pour « réfuter la science économique » (oui, rien que ça ! Comme si une science pouvait se réduire à un argument, une hypothèse ou une théorie – qui, eux, sont effectivement réfutables !). Mais je n’en n’ai jusqu’ici jamais la moindre preuve qu’il serait vrai. (que je trouve utiles pour ma part), mais depuis quelques décennies on a relâché progressivement ces hypothèses, et il est désormais admis scientifiquement d’étudier l’influence de mauvaises informations et/ou des biais sur les choix individuels.

Ici, l’auteur de l’article suggère que la pop culture, cinéma et télévision en l’occurrence, est en partie responsable de la diffusion de cette vision distordue des conséquences réelles d’un accident nucléaire. Selon les pays, je pense également que certains partis politiques ou hommes et femmes politiques ont aussi une responsabilité. Et sans doute les médias, où des journalistes « militants » et/ou mal informés peuvent aider à propager de fausses représentations. Bref, les suspects habituels auxquels les sceptiques sont confrontés…

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Les centrales nucléaires sauvent des vies

Ça n’est pas mon opinion, mais les résultats d’un article (scientifique) qui vient de paraître dans Environmental Science & Technology : les centrales nucléaires ont permis de sauver 1,8 millions de vie. Comment ?

En évitant que ne soit brûlé du charbon ou du gaz, composés qui émettent une pollution qui peut tuer.

J’ai pour ma part longtemps été dubitatif sur l’énergie nucléaire. Certes, elle n’émet quasiment pas de CO2, mais lorsqu’un accident survient, ses coûts sont faramineux : pour Fukushima, il est question de 187 milliards de dollars… Cela étant, tout est une affaire d’analyse coût-bénéfice des différentes alternatives possibles.

Je ne sais pas trop si mon avis sur le nucléaire a évolué, et il faudrait sans doute d’autres articles similaires pour corroborer l’estimation de cet article. Mais clairement, si l’estimation est fiable, les coûts en termes à la fois humains et économiques de quasiment 2 millions de morts sont énormes. Ce qui pourrait remettre en question l’analyse coût-bénéfice que je faisais jusqu’ici du nucléaire.

C’est d’autant plus vrai que dans l’article, les auteurs estiment que jusqu’à 7 millions de vie supplémentaire pourraient être sauvées d’ici 2050 si le nucléaire parvient à se substituer massivement à d’autres énergies plus dangereuses pour la santé. Et le tout, sans même aborder la question des émissions de CO2 évitées dans les différents scénarios…

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La prochaine vidéo se rapproche… un peu…

J’avais déjà mentionné que je travaillais sur une vidéo. Je n’annonce toujours pas de date de sortie, mais je peux annoncer que je viens de m’équiper de logiciels sur lesquels je lorgnais depuis quelques temps !

FCP arrive.jpg

Ils vont me permettre de produire une vidéo plus proche de ce que j’ai en tête, ce que j’avais du mal à faire précédemment pour Le Signal Économie. Si ça n’est pas trop difficile techniquement, j’espère notamment pouvoir faire quelques animations…

Dans tous les cas, attendez-vous à un format de vidéo très différent de ce que j’ai pu produire au moment du Signal Économie.

Même si l’acquisition (sur mes fonds personnels) de ces logiciels est un grand pas en avant, je resterai muet sur l’annonce d’une date de sortie. Déso pas déso ^^

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Les gens issus des classes supérieures sur-estiment-ils leur compétence ?

Une série de quatre expériences en psychologie a montré que :

  • Les gens issus des classes supérieures ont tendance à surestimer leurs capacités
  • Lorsqu’on leur présente des résultats de tests montrant qu’ils sont dans la moyenne, ils continuent à penser qu’ils sont meilleurs que la moyenne
  • Ceux qui les observent ont tendance à interpréter cette sur-confiance comme de la compétence

Les « privilèges » associées à faire partie des classes supérieures sont déjà bien documentés, notamment dans le domaine scolaire.

Ces études suggèrent que d’autres privilèges sont possiblement à l’œuvre : à la fois des privilèges autour de la confiance en soi, qui réduisent l’auto-censure et poussent les gens à davantage prendre de risques et d’initiatives. Mais aussi des privilèges dans la manière dont les autres vous perçoivent, puisqu’ici non seulement être issu d’une classe supérieure protège d’une punition pour avoir été trop confiant en ses capacités, mais les autres ont même tendance à donner du crédit (indûment) en interprétant (faussement) cette sur-confiance comme de la compétence.

Ces résultats me laissent à penser que le Dunning-Kruger n’est pas uniforme dans la population, et qu’il n’est pas nécessairement pénalisé partout1J’allais écrire : « contrairement à la communauté sceptique ». Et puis je me suis souvenu de toutes ces fois où j’ai vu des sceptiques critiquer le Dunning-Kruger des autres, en oubliant consciencieusement de ne surtout pas travailler sur le leur…. Ici, il semble même être valorisé ! Mais je me trompe peut-être.

Cela étant, une difficulté de ces études est de savoir comment définir une « classe sociale » : c’est à la fois important pour les chercheurs bien sûr, mais également pour les sujets. Car cette tolérance pour la sur-confiance est associée à la perception qu’ont les gens de la classe sociale de l’autre. Mais contrairement aux apparences, il n’est pas simple de définir clairement une classe sociale – d’autant que les gens ont tendance à croire qu’ils sont dans la classe moyenne, y compris lorsqu’ils sont dans une classe inférieure ou supérieure à la classe moyenne… Ce qui peut bruiter les perceptions de la classe sociale d’appartenance des autres.

Bien évidemment, ces résultats seuls ne démontrent rien, d’autant qu’ils ont été repris dans le New York Times : sa réputation scientifique n’est pas la meilleure on va dire, et puisque c’est un journal « de gauche », on comprend que publier ce genre d’article peut plaire à ses lecteurs2Il suffit de voir son titre : « Why High-Class People Get Away With Incompetence ». On est clairement dans l’affirmation, il n’y a aucune précaution de prise sur les limites de ne s’intéresser qu’à quatre études seulement…. Ce qu’il faudrait, ça serait donc s’intéresser à une méta-analyse sur cette question – si vous en connaissez une, n’hésitez d’ailleurs pas la partager dans les commentaires de cette publication ⤵️

Malgré tout, il m’a semblé intéressant d’en parler, au moins pour illustrer les interactions entre psychologie, sociologie et économie.

Source (en anglais) via.

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