Comment reconnaître le bullshit en économie ?

Importante question que celle-ci : comment ne pas se faire avoir par les bullshiteurs, manipulateurs, idéologues et j’en passe, qui pullulent en économie ?

La question m’est régulièrement posée depuis quasiment le début de mon activité de vulgarisateur, en septembre 2015…

Jusqu’ici, je dois reconnaître que j’ai boté en touche. À la fois parce que la question est difficile, il n’existe en effet pas (à ma connaissance) de règles simples pour les identifier. Et aussi parce qu’en proposant de telles règles, certain.e.s risquent de se sentir quelque peu visés1En même temps, n’est-ce pas là l’objectif ?, ce qui ne manquera pas de générer de beaux shitstorms… Et vous avez sans doute compris que j’ai horreur de ça.

Cela étant, j’ai commencé à réfléchir à une telle liste. Je pense qu’elle peut être d’une utilité considérable, et que le risque de shitstorm vaut la peine d’être pris.

Elle n’est en l’état pas encore prête, et nécessitera des mois de travail. Elle a cependant déjà bien avancé. Mon ambition est la suivante : proposer quelques règles simples, faciles à se souvenir et à utiliser pour les sceptiques, pour identifier facilement si la personne qui vous parle d’économie est en train d’essayer de vous entourlouper, ou est au contraire digne de confiance.

J’en profite pour vous dire : si vous avez des suggestions, idées, etc. à ce propos, n’hésitez pas à me les proposer. Comme je le disais plus haut, la tâche est loin d’être simple, et je suis preneur de toute aide. Une seule condition, en plus de respecter la charte : ne pas profiter de cet appel pour vous défouler sur une personne parlant d’économie à la télé que vous n’aimez pas, pour une raison x ou y. Le but n’est pas d’accabler ni d’attaquer nommément certaines personnes, mais bien de donner des clés de compréhension du réel – à l’aide de la méthode scientifique.

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Sceptiques, ne dunkez plus sur les réseaux sociaux

Le dunking est une pratique répandue sur les réseaux sociaux (et notamment Twitter) qui consiste à répondre à quelqu’un en quelques mots en espérant pointer une contradiction ou une erreur. Si possible en essayant de clasher un peu, pour faire du drama et se faire mousser un peu.

Le dunking n’est pas du troll, car le troll est surtout là pour jeter de l’huile sur le feu. Le dunker, lui, a des intentions différentes. Il peut même avoir raison, et faire une remarque dont le fond est légitime.

Voici un bel exemple de dunking (raté) :

Cela étant, le dunking n’est pas une forme de débat. C’est un artifice rhétorique dont l’objectif est plus ou moins de ridiculiser l’autre – et sans doute aussi de flatter notre propre égo en montrant au monde en quelques mots à quel point moi, j’ai compris le sujet abordé. Pour cette raison, il me semble que c’est une pratique à bannir de l’arsenal sceptique, au même titre que les attaques personnelles, les argumentations sans preuves et autres sophismes et paralogismes.

Je ne dis pas qu’il est facile de résister à l’envie de dunker, en particulier sur Twitter qui est aujourd’hui devenue une machine à dunker. Mais je pense qu’il faut tout faire pour résister à cette envie. En particulier, j’ai ces deux pistes en tête :

  • Se demander ce qu’a réellement voulu dire la personne en face, avant de l’attaquer pour des propos que l’on a peut-être mal compris…
  • En cas de doute, questionner la personne pour lui demander d’étayer ses propos, bien évidemment sans agressivité et en lui laissant, jusqu’à preuve du contraire, le bénéfice du doute

En tant que sceptiques, nous voulons diffuser au plus large l’esprit critique. Ce qui nous réunit est sans doute la volonté d’éviter que les gens ne se fassent avoir par les bullshiteurs de tous ordres. Cela fait de beaucoup d’entre nous des passionné.e.s. Mais cette passion ne doit pas être une excuse à des comportements détestables. Au contraire même !

J’y reviendrai sans doute dans de futures publications, mais cela n’implique pas non plus qu’il faille être tendre lorsque l’on se place dans un rôle de contre-pouvoir, et que l’on demande des comptes à des personnes ayant une forme de pouvoir comme les politiques ou les journalistes.

Mais je ne suis pas certain que si pour lutter contre le bullshit nous utilisons des méthodes de brutes, nous (et la société dans son ensemble) y gagnons réellement au change…

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Devrais-je continuer à rédiger le dictionnaire du Signal Économie ?

Avant L’Économiste Sceptique était Le Signal Économie. Le site est d’ailleurs toujours en ligne. Sur Le Signal Économie, j’avais commencé à rédiger un dictionnaire des termes économiques. C’était beaucoup de boulot. Cela étant, j’ai récemment eu une bonne surprise…

En consultant les statistiques de fréquentation du Signal Économie, j’ai constaté qu’un certain nombre d’articles de ce dictionnaire (inachevé) sont de plus en plus consulté1Ce gain de fréquentation est dû à l’algorithme de Google..

J’avais commencé à importer ce dictionnaire sur L’Économiste Sceptique. Faudrait-il que je continue ? N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

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Le numéro d’Envoyé Spécial sur le glyphosate a-t-il été critiqué par des trolls ?

Envoyé Spécial a prétendu que les critiques contre son émission sur le glyphosate étaient notamment le fait de… trolls. Une accusation qui a beaucoup surpris les sceptiques, en particulier parce que ces dernier.e.s ont vu, dans les critiques, des comptes et des gens qu’il.elle.s connaissent et fréquentent régulièrement (au moins virtuellement).

Chèvre Pensante propose une évaluation quantitative de la véracité de l’hypothèse d’Envoyé Spécial, par le biais d’une analyse des tweets et commentaires Facebook échangés à propos de cette émission. C’est du super boulot, et je ne peux qu’en recommander vivement la lecture !

Je ne veux pas vous spoiler l’article, mais… disons que globalement, l’hypothèse d’Envoyé Spécial n’est sans doute pas la plus vraisemblable…

Pour celles et ceux qui n’auraient pas le temps de lire l’article (long) en entier, il propose un court résumé.

C’est à lire par ici.

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À quel courant de l’économie j’appartiens ?

Ma réponse : à celui des hypothèses supportées par des preuves empiriques – jusqu’à ce que de nouvelles hypothèses et preuves empiriques rendent obsolètes les précédentes.

Je me retrouve aussi pas mal dans le courant des revues de la littérature (à défaut des méta-analyses, rares en économie), et dans celui de la vulgarisation consistant à expliquer le consensus scientifique (ou les controverses) plutôt que faire la promotion de ses propres positions de chercheur.

Voili voilou.

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