L’écotaxe sur les billets d’avion est-elle un « non-sens environnemental » ?

Si l’information vous aviez échappé, le gouvernement français a décidé de mettre en place une éco-taxe sur les trajets en avion au départ du pays. Les montants de la taxe seront modestes :

L’écotaxe sera de 1,50 euro en classe éco pour les vols intérieurs et intra-européens, de 9 euros pour ces vols en classe affaires, de 3 euros pour les vols en classe éco hors Union européenne (UE) et de 18 euros pour ces vols en classe affaires

Sans surprise, les compagnies aériennes y sont opposées, comme Air France. À écouter Thomas Juin, le président de l’Union des aéroports français, la taxe est « un non-sens […] environnemental ». La théorie économique lui donne tort.

En l’état, la taxe a vocation à rendre plus coûteux un service (le transport aérien) qui produit beaucoup de CO2 – ce qui participe au réchauffement climatique. Le problème du CO2 est qu’il est gratuit à produire. Et pour cette raison, on en produit beaucoup trop. C’est ce qu’on appelle une externalité (négative).

Le principe d’une taxe carbone, qui est une incarnation d’un concept plus large appelé « taxe pigouvienne », est de (re)mettre un prix sur ces émissions de CO2, pour en faire diminuer la production. Vous en avez peut-être entendu parler sous le nom du principe « pollueur-payeur ».

Ces écotaxes ont déjà été mises en place dans de nombreux, avec des résultats souvent probants.

Vous pouvez télécharger le rapport complet dont cette page est issue.

Son montant n’est sans doute pas suffisamment élevé pour avoir un impact massif, et son design est discuté. Mais il me semble que dire que cette taxe est un « non-sens environnemental » est clairement exagéré.

En même temps, M. Juin est le président de l’association des aéroports français. On se doute qu’il a tout intérêt à exagérer les choses pour dissuader le gouvernement d’instaurer la taxe, ou pour la rendre impopulaire auprès des citoyens.

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