Soyons critiques avec les critiques de la science économique

L’économie fait l’objet de nombreux discours médiatiques de personnes qui se disent « critiques ». Et le fait est qu’elles disposent d’une audience considérable.

En soi, cela m’importe peu car les gens sont libres de dire et de penser ce qu’ils veulent.

Il y a par contre me semble-t-il un problème récurrent de méthode, au moins dans le public :

  • La personne n’a pas de connaissances particulières en économie
  • Elle entend quelqu’un présenté comme une autorité critiquer tel ou tel élément de la science économique, souvent avec un sous-texte politique pas très subtil
  • La personne est d’accord avec la critique, la fait sienne et la propage

C’est une erreur que l’on a toutes et tous fait, et en soi elle n’est pas grave tant qu’on la corrige.

L’erreur que l’on fait ici est, de mon point de vue, celle d’un (gros) manque de prudence épistémique : sommes-nous bien sûr que la critique est fondée ?

Nous sommes dans une situation d’asymétrie d’information : nous ne savons pas juger par nous-mêmes de la pertinence de la critique. Alors pourquoi immédiatement la croire ?

Une attitude à mon sens plus prudente consiste d’abord à rechercher l’objet critiqué, pour ensuite essayer de se faire sa propre opinion sur la critique.

Le risque est alors de se faire avoir, de donner des opinions sur des sujets que l’on ne maîtrise pas et de propager des idées douteuses. Les dérives comme le climato-scepticisme sont d’ailleurs des manifestations extrêmes de ce manque de prudence épistémique :

Source

J’ai donc deux conseils à proposer :

  • Si vous entendez quelqu’un critiquer X, renseignez-vous d’abord sur X avant de faire vôtre la critique
  • Si vous voulez vous renseigner sur X, ne commencez pas par les « critiques ». Commencez par écouter les praticiens de X, et dans un second temps intéressez-vous aux critiques

Pour conclure, il va de soi que toutes mes remarques sont indépendantes de la pertinence des critiques. Il s’agit seulement d’être prudent/e sur ce que l’on se met dans le crâne.

Et j’ai pris l’exemple de l’économie, mais en réalité, nous devrions faire preuve de cette prudence avec toutes les disciplines.

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